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L'algérie et la censure des images

 
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nicolasmag
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MessagePosté le: Mar Fév 07, 2006 1:04 pm    Sujet du message: L'algérie et la censure des images Répondre en citant

Algerie et la censure des images


Citation:
La guerre d'Algérie opposa la France colonisatrice (présente en Algérie depuis 1830) aux indépendantistes algériens (principalement regroupés autour du Front de Libération National - F.L.N.).
Longtemps, la France nomma ce conflit "opération de police" ou "opération de pacification". Aujourd'hui encore, la France est régulièrement traversée par des débats parfois houleux sur l'usage de la torture par les militaires français d'une part et les membres de l'A.L.N. (Armée de Libération Nationale) d'autre part, les attentats de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS - Français opposés à l'indépendance de l'Algérie), l'abandon par la France des "Harkis" (supplétifs algériens de l'armée française), ou encore les manifestations réprimées dans le sang à Paris en octobre 1961 et en 1962. Ces débats opposent traditionnellement les mouvements de gauche et les partis politiques de droite dès que surgit une "affaire". De même, les méthodes employées par l'armée ainsi que les responsabilités politiques de l'époque font régulièrement l'objet de vifs débats.




Le court metrage (30 minutes) Les statues meurent aussi d'Alain Resnais et de Chris Marker a mis 11 années avant de sortir (1953-1964). A vrai dire il n'a eu que le visa pour sortir peut de temps après s?être marié avec la fille d' André Malraux. Resnais revient sur l'histoire de la colonisation à travers l'art.

Le premier film qui évoque directement la guerre d'Algérie se fait en 1956 : Les Réfugiés de Cécile De Cujis. Faire simplement ce film lui a couté deux années de prison.

En 1960, 121 artistes et intellectuels signent un Manifeste justifiant le refus de prendre les armes contre le peuple Algérien. Les signataires seront frappés d'interdiction sur les écrans et les ondes, ou interdits de présenter leurs films aux commissions distribuant l'aide de l'Etat.

La même année Jean Luc Godard s'apprête à sortir son 1er film : Le petit soldat. Finalement l'évocation de l'Algérie, du FLN, de l'OAS et surtout de la torture notamment dans une scène explicite où le personnage principal joué par Michel Subor est sauvagement torturé dans une baignoire, fait que le film ne sortira que 3 ans plus tard après une série de menaces proferée par des extrémistes dont celle de Jean Marie Le Pen qui demande l?expulsion du réalisateur.

Au total en 1960 on dénombre 10 films totalement interdits, 49 films autorisés après des coupes et enfin 49 films interdits aux moins de 18 ans (tel Pierrot le fou).

Des films ne voient même pas le jour (censure d'autant plus vicieuse qu'elle est invisible) tel Mort au fraude d'Henri Georges Clouzot, Terre brûlée d'André Téchiné, etc...

D'autres sont carrément défigurés : Le bel ami de Louis Daquin (1954) pour avoir évoquer la conquête de l'Algerie en 1830 ne sort qu?en 1957 au pris de quelques coupes (cinq séquences et changement de dialogue). Le film est de capitaux autrichiens, l'équipe est française et pourtant André Morice (ministre de l'information) refusa de donner au film la nationalité française. L'objecteur d'Autant Lara (1961), repabtisé Tu ne tueras point, sort en 1963 avec 13 séquences en moins. Il met en scène un jeune homme qui refuse de prendre les armes pendant la seconde guerre. Autant Lara doit mettre son propre argent afin de conclure ce film. Il n'a jamais été diffusé à la télévision. La belle vie (Robert Enrico), parle de la vie d'un homme homme après son retour de la guerre. Des images qui subissent le coup de la censure. Le film est finit en 1962 mais n'obtient que son visa en 1964 après quelques coupes. Pour L'insoumis (Alain Cavalier, 1964), plusieurs coupes ont lieu suite au procès d'une avocate se reconnaissant dans le rôle joué par Léa Massari.

Pour évoquer la guerre d'Algérie en pleine tension il faut parfois rusé et ne pas évoquer directement cette guerre. Mais la commision de censure n'est pas dupe et tente tout autant de noyer ce genre de films. Quelques exemples.

Cléo de 5 à 7 (Agnès Varda, 1961)
Il évoque la relation amoureuse et les questionnement existentialiste d'un jeune appelé. Il ne sort qu'en 1982.

Le combat dans l'ile (Alain Cavalier, 1961)
Tourné en 1961 mais sortit en 1963, le film dénonce l'OAS et les activistes de l'extrême droite.

Adieu Philippine (Jacques Rozier, 1963) ne trouve un distributeur qu'après trois ans de recherche, « on » dit que c'est uniquement pour des raisons commerciales. Le film ne cite pourtant pas une seul fois le mot « Algérie ».

Carambolages (Marcel Bluwal, 1963) n'évoque pas non plus directement la guerre d'Algerie mais la phrase de Michel Serrault « Du temps de la rue Lauriston, les baignoires facilitaient les interrogatoires » est censuré vu la resonnance qu'elle aurait pu avoir à cette époque.

Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964) ne présente pas la guerre comme l'objet du film mais l?évoque à travers son personnage masculin obligé d'entrer dans l?armée.

Muriel ou le temps du desepoir aborde les tortures affligées à une jeune fille et l'idée du traumatisme traverse tout le film d?Alain Resnais.
Censuré en mars 1959 et visible qu'en 1963.


Dans la liste des dérangeurs de conscience on trouve aussi René Vautier, qui dès le plus jeune age s'attaque au colonialisme avec Afrique 50, film qui lui vaudra plusieurs mois de prison. Une nation, l?Algérie , fait qu'il est pourchassé par la police. Algérie en flammes est censuré jusqu'en 1968. Vautier condamné s?évade d?une prison algérienne.

Avoir 20 ans dans les aurès (1972) contient des chansons anti militaristes (dont celle de Pierre Tisserand qui qui débute par « Fous pas ton pied dans cette merde, ou bien t'en auras jusqu'au cou ».), une scène particulièrement forte d'un viol et rappelle la torture très souvent employé. A mi chemin entre la fiction et le documentaire comme le rappelle la phrase qui introduit le film. Le réalisateur y assure que tout ce qui est dit et montrer peut être prouvé. (« La véracité de chaque scène de ce film peut être certifiée par un minimum de 5 témoins ») Une manière de devancer tout ceux qui auraient pu crier au mensonge et à la manipulation. En 1985, suite à l'accusation par Le Canard Enchainé et Liberation de tortures envers Jean Marie Le Pen, ce dernier les mènent à un procès en diffamation. Lors de celui ci René Vautier apportera des heures de temoignages de l'époque où des algeriens nomment Le Pen comme étant leur tortionnaire. Malheureusement pour rien car il a finalement été acquité et tout a été fait pour effacer toute preuve qui pourrait un jour nuire puisqu'on a retrouvé les bobines en question totalement détruite suite à une effraction. Une autre tentative d'effacement des films de René Vautier a été tenté quand vers 1987 la société Show Off a racheté les droits de 5 de ses films et dont le but était clairement de bloquer la diffusion puisque la société était en relation étroite avec le Front National. Il a fallu dix années au réalisateur pour récuperer les droits. En 1997 une projection du film Avoir 20 ans? s'est déroulé à Tourcoing, le RPR s'est joint au FN pour tenter d'interdire cette projection. Encore aujourd'hui il est très rare de voir un de ses films diffusés à la télévision. A voir sur le bonhomme le documentaire René Vautier l?indomptable, disponible sur le DVD d'Avoir 20 ans dans les Aurès.


La bataille d'Alger (1965) de Gillo Pontecorvo est l'un des films les plus salués, à l'étranger bien sur. Il recoit le Lion d'Or à Venise en 1966, une nomination aux Oscars pour le meilleur film étranger en 1967, et deux nominations pour le meilleur réalisateur et meilleur scénario en 1969. Il parvient à sortir en 1971 mais est rapidement retiré de l'affiche suite à de nombreux incidents qui ont lieu dans les salles où est projeté le film. Diffusé pour la première fois à la télé en 2004. Cette renaissance s'est faite grace à l'interêt des americains pour ce film, ce sont eux qui ont ressortis le film en premier.


Les films après 1970

RAS (Yves Boisset, 1973) connut un tournage extremment difficile, il dura 2 ans. Le film est interdit aux moins de 18 ans malgré tout c'est un succès. Mais on lui retire les benéfices du film.

La question (Heynemann, 1976) est interdit aux moins de 18 ans par le ministre de la culture avant d'être retiré des salles par Gaumont (le distributeur) suite aux intimidations de groupe de pression (en l'occurrence le FN).

André Techiné tente en 1982 de réaliser Terre brûlée sur l'OAS en 1962. Aucun financement n'a été trouvé malgré un casting qui aurait du rassembler Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Philippe Noiret.

Plus le temps passent moins la censure est sévère envers la critique de la guerre d'Algerie mais en même temps le nombre de films sur le sujet s'amoindrit considérablement. L'Honneur d'un capitaine (1982), logiquement plus distancié parle à la fois du débat médiatique et de la recherche de la verité suite à des accusations de tortures envers un capitaine de l'armée française. Suivront aussi les films : Liberté la nuit de Philippe Garrel, Cher frangin, Décembre de l'Algérien Lakhdar Hamina. La raison qui frêne le sujet aujourd'hui est aussi la télévision qui co-finance la plus part des films et du coup cela a pour conséquence d'augmenter l?auto-censure des réalisateurs.

Très recemment il y a eu le film La trahison de Philippe Faucon. Les problèmes ont l'air de persister pour arriver à faire un film sur le sujet. Aucun financement. Tournage en Algérie.

Bientôt le sujet pourrait connaître un nouvel engouement puisque 3 films sont prévus : Mon colonel de Laurent Herbier où beaucoup d'acteurs français ont refusé le rôle, L'ennemi intime réalisé par Florent Siri avec Benoit Magimel et enfin Les cartouches gauloises de Medhi Charef. Encore faut il qu'on ne leurs mettent pas des batons dans les roues.




17 octobre 1961

Citation:

Pour protester contre le couvre-feu qui leur a été "conseillé" le 5 octobre par la préfecture de Police (le prejet de police de l'époque se nommait Maurice Papon), des manifestants algériens se rassemblent le soir du 17 octobre 1961 à Paris. Cette manifestation est violemment réprimée par les forces de l'ordre : plusieurs dizaines de corps sont retrouvés dans la Seine, des milliers de personnes sont arrêtées. Pendant de longues années, de nombreux témoignages de cet événement seront censurés et ce massacre occulté.


Le film symbole de ce jour tragique est Octobre à Paris de Jacques Panijel. Dans une salle parisienne une des copies du film est saisi par la police. Le film peut être vu mais hors du circuit de distribution, dans des universités, dans des ciné-clubs.

D'autres films comme Le joli mai et Chronique d'un été évoque cet évenement mais que très brièvement.
Une journée portée disparue
Le silence du fleuve
Mémoire en blanc

44 ans plus tard, une production télévisuel (canal+ en l'occurrence) décide de financer un film sur le sujet, c'est Nuit noire, 17 octobre 1961, un téléfilm qui sort aussi en DVD. La jaquette de celle ci énonce que « 44 ans plus tard, toujours aucune mention dans les livres d'histoire. Toujours aucune excuse publique pour ce massacre que la France veut oublier. »
Le film Vivre au paradis (Bourlem Guerdjou) évoque aussi ce massacre en 1999.







« Ce qui m'a toujours attristé, c'est de voir à quel point les gens d'image acceptaient le silence. » René Vautier

Source :
www.iletaitunefoislecinema.com
http://www.thucydide.com
http://www.allocine.fr
http://www.acontresens.com
http://oeil.electrique.free.fr
Chanson de Pierre Tisserand Nous aussi nous marchions (1972)
http://chansonrebelle.com/ram/Decouvertes/Tisserand3.ram
http://www.afrik.com
Liste de tous les films sur la periode
http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/HGFTP/autres/Cinema/cinealg.doc
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MessagePosté le: Mar Fév 07, 2006 1:04 pm    Sujet du message: Publicité

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nicolasmag
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MessagePosté le: Mar Mar 25, 2008 12:10 pm    Sujet du message: L'algérie et la censure des images Répondre en citant

http://www.lexpressiondz.com/article/3/2008-03-22/51019.html

dans un entretien, le réalisateur rené Vautier dit qu'il va réaliser un film sur les problèmes avec la censure qu'il a pu rencontré, aussi qu'il va essayer de retrouver tous ses films et les deposer à la cinémathèque (j'apprend au passage qu'il a eu un cancer)
j'espère aussi que certains editeur ne vont pas attendre sa mort pour lui rendre l'hommage qu'il merite et qu'il n'a jamais eu (dans le cinema peu de gens meritent l'appélation de resistant)

enfin ses mots qui vont tout aussi bien au forum ou nous sommes

Tous les combats qu’on a menés en France contre la censure, nous ont permis de gagner des points contre l’imbécilité, contre la haine et pour la compréhension entre les gens et entre les peuples
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MessagePosté le: Mer Jan 18, 2017 12:23 am    Sujet du message: L'algérie et la censure des images

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